
Mis à l’écart depuis l’arrivée d’Eric Roy au poste d’entraineur, Habib Bamogo n’est plus titulaire avec Nice, qui se bat pour éviter la relégation. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, l’attaquant assure qu’il ne sera plus niçois la saison prochaine. Il évoque également le match contre son club formateur, Montpellier, ce dimanche 10 avril 2011, ainsi que les bons résultats de la sélection du Burkina Faso lors des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations.
Ce week-end, Nice affronte Montpellier, votre club formateur. C’est toujours spécial de retourner là-bas ?
Je n’avais pas eu trop l’occasion d’y retourner jusqu’ici parce que l’année dernière je n’étais pas là et que quand j’étais à Marseille ils étaient en D2. Mais j’y étais retourné une fois en Coupe de la Ligue, on avait gagné avec l’OM et j’avais marqué. C’est toujours spécial de retourner là-bas parce que j’ai grandi là-bas même s’il ne reste pratiquement plus de joueurs avec qui j’ai joué. Je suis arrivé à 16 ans, je suis reparti à 22 ans je me suis formé là-bas. C’est aussi une des villes que j’ai le plus appréciées. C’est une belle ville, propre, animée. Elle me laisse vraiment de bons souvenirs.
lDimanche dernier, Nice jouait contre l’Olympique Lyonnais. Vous êtes revenus dans les arrêts de jeu (2-2), est-ce que c’est le genre de match qui peut vous permettre d’accrocher le maintien ?
Quand on joue le maintien, il faut essayer de prendree maximum de points. A la fin du championnat, je pense que ça se jouera à peu de choses vu la cadence qu’il y a. Même un point, c’est super important. Là c’était contre Lyon, on a réussi à prendre un point donc c’est une bonne chose mais rien n’est joué et il va vraiment falloir rester sérieux jusqu’à la fin.
Malgré ce match nul contre Lyon et même si vous n’avez pas perdu depuis le 20 février, Nice reste sous la menace d’une descente en Ligue 2. Vous restez confiant malgré tout ?
On est à trois points de Monaco, le premier relégable, et il y a beaucoup de monde dans la lutte, au moins jusqu’à Brest. Il faut être conscient qu’on n’est pas sorti de là. Je pense qu’il faut atteindre 42 ou 43 points au moins. Derrière, Monaco va s’accrocher dur. Lens aussi, ça va être un peu plus difficile pour eux mais ils sont toujours là. C’était l’euphorie après le match mais en regardant le classement, on est loin d’être sortis d’affaire.
Que ce soit pendant ou après le match, l’ambiance était plutôt électrique côté lyonnais. Vous avez senti une équipe fébrile ?
Je ne les ai pas spécialement sentis fébriles. Ils ont commencé à l’être à partir du moment où on a marqué le premier but mais ils ont quand même contrôlé le match. A 2-0, en football, ce n’est jamais perdu. Peut-être que s’il y avait eu encore cinq minutes on aurait pu gagner.
On retient notamment l’image de la colère d’Hugo Lloris après le match. Vous qui l’avez côtoyé une saison à Nice, comment expliquez-vous qu’il se mette dans un état pareil ?
C’est clair que ça m’a un peu étonné mais d’un autre côté je le comprends parce que c’est un compétiteur, il est gardien numéro un de l’équipe de France donc plus le temps passe, plus il a de grandes ambitions. Peut-être qu’il s’est dit que le titre s’était joué sur ça. Il est venu à Lyon, il n’a toujours rien gagné, dans sa tête ça a dû tourner comme ça. C’est une réaction complètement humaine parce que je sais que ce n’est pas quelqu’un qui fait du cinéma comme certaines personnes dans le foot. Parce que maintenant il y a des caméras partout et le foot, c’est un peu de la téléréalité. Lui a vraiment exprimé ce qu’il ressentait. Ce n’est pas le genre de mec à faire du cinéma.
On a aussi beaucoup parlé du but de Civelli et de l’altercation entre Jean-Michel Aulas, le président lyonnais, et Frédéric Gioria, l’entraineur-adjoint niçois. Que s’est-il dit en interne à propos de ces évènements ?
On n’a pas parlé de ça. Si les gens disent qu’il y avait main, c’est leur problème. Contre Lille, on a mis un but qui était valide et qui n’a pas compté, ça aurait fait 1-1 donc on peut vérifier qu’un championnat s’équilibre sur une saison. On ne va pas s’attarder sur ça. Je pense que, au fond d’eux, les Lyonnais savent très bien que ce n’est pas sur ça qu’ils ont perdu le match. Ils ont eu des occasions de gagner 3-0, ils ne l’ont pas fait. Le match s’est surtout joué sur ça.
D’un point de vue personnel, cette saison n’est pas très satisfaisante puisque vous n’êtes que rarement titulaire. Comment vivez-vous cette situation ?
C’est vrai que c’est une saison difficile, pénible. Je me suis blessé en sélection alors que j’avais bien commencé la saison. Quand tu es joueur de foot et compétiteur, tu as besoin de jouer, de sentir l’atmosphère des matchs, l’adrénaline, et c’est vrai que ça manque. J’espère que je les retrouverai l’année prochaine, en tout cas je ferai tout pour.
L’entraineur, Eric Roy, vous a-t-il expliqué pourquoi il ne vous titularisait plus ?
J’ai été blessé, j’ai failli parti cet hiver… Je pense que ça n’explique pas tout mais l’entraineur fait ses choix. Il reste un mois et demi ou deux mois, je n’ai pas dit mon dernier mot. S’il a besoin de moi je suis là, je m’entraine, je suis sérieux, professionnel, il peut compter sur moi. Mais c’est vrai que lorsqu’on est compétiteur, on ne peut pas se satisfaire de ça.
Lors du mercato d’hiver, vous avez eu la possibilité de partir en Turquie. Pourquoi le transfert ne s’est-il pas fait ?
Une fois arrivé là-bas, il y a eu des complications. Les intermédiaires ne se sont pas entendus. J’ai vu que le truc n’était pas clair donc ça ne m’intéressait pas. Quand je fais quelque chose, j’aime bien que tout soit propre, que les gens soient « normaux », même si dans le football on sait que ça se passe comme ça. J’ai senti que ce n’était pas clair, je suis rentré à Nice. C’est vrai que c’est frustrant mais je sais que j’ai encore de belles années devant moi, ça va le faire tôt ou tard.
Vous serez en fin de contrat cet été, est-ce qu’on peut d’ores et déjà dire que vous ne serez plus niçois la saison prochaine ?
Oui, ça c’est sûr à 100%. Mais j’ai passé de très bonnes années à Nice, surtout avec le coach qui m’a fait venir (Frédéric Antonetti, ndlr). C’est vrai que depuis qu’il est parti, ça s’est un peu compliqué. C’est le football. Il y a des gens qui viennent, qui ont d’autres opinions, c’est comme ça, il faut accepter. Dans la vie en général, je continue à y croire même quand les gens n’y croient plus. Je sais que j’ai encore mon mot à dire.
Vous avez été approché par certains clubs pour la saison prochaine ?
Oui, ça discute, mais on va attendre un peu pour voir ce qu’il y a de bien et de moins bien.
Parlons de la sélection nationale. Où en êtes-vous avec l’équipe du Burkina Faso ?
Il y avait un match, là (contre la Namibie, ndlr), je n’y ai pas été parce que j’ai eu une hernie discale. Je tenais à y aller mais je me suis refait mal donc j’étais trop court pour le match. Ils ont fait le boulot en gagnant 4-0 proprement. Maintenant on est favoris pour passer, on a un match en Namibie après la dernière journée de championnat et si on gagne ce match, on peut dire qu’on est qualifiés.
Vous trouvez que le Burkina s’est amélioré depuis la dernière Coupe d’Afrique des nations ?
On continue notre chemin. Depuis les qualifications de la dernière CAN, on a perdu un match contre le Ghana et deux contre la Côte d’Ivoire, de grosses nations du foot. Il me semble qu’au classement des pays africains, on est septième (le Burkina est même cinquième, selon le dernier classement de la FIFA, ndlr). Le pays avance bien, il y a de bons joueurs. Si on se qualifie pour cette CAN, ce serait historique parce que deux CAN de suite, ce n’est jamais arrivé (le Burkina s’est en fait qualifié cinq fois de suite pour la phase finale entre 1996 et 2004, ndlr). Maintenant, il faudrait qu’on sorte des poules, ce serait bien.
Alain Traoré, le jeune joueur d’Auxerre, a été l’homme du match en Namibie. Vous avez l’impression qu’il a pris une nouvelle dimension en sélection ?
En sélection, il y a de quoi faire, il y a de bons attaquants. Maintenant, il faut juste qu’on trouve une complémentarité. Alain a réussi à marquer quatre buts, aussi parce que les autres ont beaucoup travaillé à côté. Dans l’équipe, il y a le sens du sacrifice, et c’est ça qui nous fera avancer.
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