Quelque 200 000 Britanniques auraient répondu à l'appel des syndicats ce samedi 26 mars 2011 pour manifester contre la cure d’austérité. « Ne cassez pas la Grande-Bretagne », ont-ils proclamé. Aucune estimation officielle n'est disponible. Mais la Conféderation des syndicats assure que c'est la plus grande manifestation dans le pays depuis une génération.
« Pas touche à nos services publics », voilà en substance ce que sont venus hurler à la coalition de David Cameron ces centaines de milliers de Britanniques tout au long d’une marche compacte où les slogans scandés à pleine voix devaient rivaliser avec le vuvuzela sud-africain omniprésent et… assourdissant.
Mais derrière l’ambiance de carnaval, la colère est profonde : Annah est une enseignante venue de Newcastle qui travaille avec des enfants handicapés et va probablement perdre son emploi : « Nous avons des équipes entières de collègues dont les emplois ont été supprimés depuis octobre sans qu’il y ait eu la moindre réflexion sur ce que ça implique pour l’avenir, dit-elle. Nous savons que des coupes sont nécessaires mais il est important que le gouvernement réfléchisse avant de couper, c’est tout ce que nous voulons dire. »
Rencontré un peu plus loin, Iain, fonctionnaire au sein du NHS estime qu’il existe des solutions alternatives aux coupes brutales du gouvernement : « Je pense qu’il y a tant d’autres façons dont nous aurions pu économiser de l’argent. L’alternative ce sont des coupes budgétaires moins rapides, préserver les allocations universelles, créer des impôts à la Robin des bois pour que le monde de la finance soit taxé sur chaque transaction, mais aussi créer plus d’emplois notamment des emplois pour préserver la planète, des emplois verts… »
Cette démonstration de force est un succès pour les syndicats et leur donne ainsi le feu vert à un printemps de revendications qui ne vont pas manquer d’embarrasser la coalition.
Les revendications des manifestants
La priorité pour le gouvernement britannique est de pouvoir économiser 90 milliards d'euros d'ici à 2015.
La cure n’épargnera personne : des ménages les plus pauvres à la reine Élizabeth II en personne. Pour y arriver, le gouvernement a décidé de réduire les dotations aux collectivités locales, de geler les salaires des fonctionnaires et de supprimer plus de 300 milles emplois publics. Car le temps presse : le pays a enregistré un déficit record de 10% du PIB en 2010.
Face à l’impopularité croissante de la politique d'austérité, le Premier ministre David Cameron a lâché un peu du lest en faveur des classes moyennes. Le gouvernement a notamment rehaussé les seuils d'imposition sur le revenu et annoncé une baisse des taxes sur l'essence. Il a annoncé dans la foulée une série de mesures destinées à encourager la reprise économique : comme des simplifications administratives pour les créations d'entreprises ou la mise en place d'aides pour l'accession à la propriété.
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